• Les mystères de la forêt

    18 Août 2019

    Haute-Savoie, vallée du Giffre

     

    En ce bel été 2019, je n’ai pas réussi à motiver des membres de la famille à m’accompagner en forêt, j’en ai donc profité pour partir avec mon appareil, en quête de méditation forestière.

    J’ai jeté mon dévolu sur les forêts de Lœx.

    forêt Jacquicourt

     

     

    Arrivé sur le bord de la petite route qui fait office de parking, je gare la voiture et je prends mon sac. Puis j’entame la rando que je connais bien. La route forestière longe une petite vallée forestière. Au détour d’un petit renfoncement, un torrent fougueux s’enfile sous le petit pont qu’enjambe le chemin. Peux après, je passe devant deux maisons isolée, résidence d’alpage pour des amateurs de solitude.

    A cet endroit et en bordure de la route forestière, je m’attarde un peu pour me laisser attendrir par des brins de menthe sauvage, leur odeur et leur couleur ne me laisse pas insensible.

    Menthe sauvage

     

     

    Le chemin traverse une grande forêt jusqu’à un autre ruisseau où j’attaque un petit raidillon. Dès lors, on s’engage vraiment dans le bois de l’Ours. Chaque pas dans la forêt m’émerveille tellement la nature m’offre que de belles images.

    Un champ de prêle se détache sur les grands arbres. Des fougères qui s'épanouissent sous l'ombre des feuillus. Des petites clairières...

    forêt

     

     

    En continuant, j’assiste à un beau spectacle qui est pourtant, très commun dans ces endroits. Une colonie de fourmis rousses, s’active à transporter nourriture et divers matériaux pour leur fourmilière.

    fourmi


     

    J'ai toujours autant d'émerveillement devant cette armée d'ouvrière qui s'affairent à la tâche.

    fourmilière



    En me retournant, j’aperçois un tronc d’arbre mourant qui dans un dernier souffle, donne de sa vitalité à un hôte qui exhibe avec arrogance, de belles couleurs.

    Amadou

     

     

    Dans cette forêt, mon regard reste invariablement attiré par les arbres, comme un besoin de prendre pleinement conscience de leur importance. Qu’ils soient élancés, tout feuillus, conifères défiant les hautes cimes ou même vestiges d’un passé vertical, les arbres sont le symbole de l’équilibre et la pérennité. J’aime leur rendre hommage en image.

    arbre

     

     

    Je me balade dans cette forêt que j’aime beaucoup. Petit sentier discret serpentant entre les branches, clairière éclairée dans un écrin de verdure, des senteurs végétales extraordinaires. Le plaisir des yeux, du nez mais aussi des oreilles avec le champ des oiseaux et le bruit du vent dans les arbres.

    Dans les parfums que j’aime, il y a cette plante aussi belle qu’odorante. J’ai même eu l’occasion de gouter de la glace aromatiser à cette fleur, la Reine des prés.

    Reine des prés

     

    La Forêt c’est aussi l’occasion d’admirer des variétés de fleur que l’on ne rencontre que rarement. Il y a quelques années, dans le Jura, j’ai découvert une race d’orchidée magnifique. Il y avait qu’un seul endroit où je la voyais chaque année. Mais cette année, en venant me balader dans cette forêt que j’avais plus l’habitude de visiter en automne, de découvre des fleurs dont j’ignorais totalement la présence.

    C’est donc avec un bonheur non-dissimulé que je remarque des Épipactis rouge sombre (Epipactis atrorubens). Et le plus dingue, c’est qu’il y en a partout, dans tout le bois !

    Epipactis rouge sombre

     

    Sur le haut du bois, les clairières laissent apparaitre des montagnes aux alentours, tel que le Roc d’Enfer, les montagnes des Gets ou même plus du côté de Praz-de-Lys.

    Au pied de quelques vieux épicéas, je découvre un petit bout de champignon à la forme amusante, une chanterelle violette (Gomphus clavatus) qui malgré son nom, ne fait pas partie de la famille des chanterelles, mais est plus proche des massues. Sa forme en témoigne. Elle pousse souvent en ronde.

    Chanterelle violette

     

     

    Dans ces bois, comme dans bien d’autres aussi, on peut aussi trouver parfois des bolets cèpe. Dans cet exercice, le plus important, c’est de trouver le spécimen à la silhouette remarquable qui s’intègre totalement dans son décor de la plus belle des façons qui soit. 

    Bolet cèpe

     

     

    Puis je passe un long moment dans une clairière bien ensoleillée. Les fleurs sont prises d’assaut par des papillons excités, comme si la chaleur de fin de matinée apporte une stimulation frénétique de nos amis ailés. Ici ce sont des Tabacs d’Espagne qui volent çà et là.

    Tabac d'Espagne

     

    Tabac d'Espagne

    Tabac d'Espagne

     

     

    Je prends congé de mes papillons en poursuivant ma balade dans un petit bois voisin. Et soudain, une buse variable trace des cercles au-dessus de moi, à la recherche d’une proie. J’aime observer ce rapace assez farouche.

    Buse variable

     

     

     

    D’un battement d’aile, ma buse décide de tracer sa route en s’éloignant au loin. Alors je reprends mon chemin et en pénétrant dans ce petit bois assez dense, je tombe sur quelques Parisettes exposant leur joli fruit, cette petites boule sombre. C’est assez surprenant de rencontrer ces fleurs à cette période. J’ai plus l’habitude de les rencontrer en pleine, au printemps.

    Parisette

     

    Dans cette ambiance magique je temps que j’espérais suspendu, s’égraine malgré tout. Alors je décide d’abandonner mon petit monde de nature. Mes jambes s’évertuent à me ramener au départ, mais mon esprit reste parmi les fleurs, les insectes et les champignons.

    Cependant, je n’ai pu me résoudre à ranger définitivement mon appareil, ainsi, quand je tombe à nouveau sur un Tabac d’Espagne qui a décidé de faire des heures supplémentaires en venant butiner une reine des prés dans un clair-obscur envoutant.

    ta

     

    Je termine ainsi ma cure de nature, en gardant à l’esprit ces belles images sauvages.

     

     

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  • Entre la Golèse et Bostan


    17 Août 2019


    Haute-Savoie

     

    En cette belle journée d’été, je propose à ma famille une jolie randonnée sur les cimes qui surplombent la haute vallée du Giffre. Nous montons au refuge de la Golèse pour y déjeuner. Pour l’occasion, mon père nous accompagne, et c’est vraiment formidable de partager cela. Ce moment me rappelle les nombreuses randonnées que mes parents m’ont fait découvrir sur toutes les sommets, tous les lacs, cols et vallons de Haute-Savoie et d’ailleurs. Toutes ces années à arpenter les sentiers qui ont forgé ma passion pour la montagne.

    Les Allamands

     

    Le col de la Golèse relie la vallée des Allamands et de Samoëns à celle de Morzine. C’est une très belle balade qui se fait aussi bien en été qu’en hiver, en ski de rando.

    Les Allamands est un petit village qui de par sa position stratégique entre les deux vallées, est largement habité jusqu’à l’entre-deux-guerres. Avec sa chapelle du XIXe siècle, son oratoire, son bassin, ses fermes typiques et maisons pittoresques, il est le reflet de la vie d'autrefois. Une authenticité, que ce hameau Septimontain, conserve encore aujourd’hui. L'origine du hameau, l’un des neuf de Samoëns, remonte au début du XIIIe siècle. À cette époque, les montagnes de Samoëns dans la vallée du Haut-Giffre étaient couvertes d'immenses étendues sauvages et boisées. Le lieu était isolé et difficilement accessible.

    Pour mettre le secteur en valeur, faire reculer la forêt et agrandir les clairières, les seigneurs y ont installé, avec le consentement des religieux, des familles de bûcherons de langue allemande. C’est donc de là que le hameau trouve sa dénomination. Ce sont ces bûcherons qui ont alors défriché les alpages de Bostan et d'Oddaz, dont les noms sont d'origine germanique. Bostan provient en effet de Bostâr signifiant « bois » et Oddaz « bien précieux ». En 1476, les troupes bernoises ont gagné Samoëns par la route des cols, incendiant les Allamands. Le hameau connaît ainsi le même sort que l’Église Notre-Dame de l'Assomption de Samoëns. Un demi-siècle plus tard, le village de nouveau mis à feu par les troupes de la ligue des cantons suisses. Difficile d’imaginer que ce lieu si paisible et authentique aujourd’hui, était il y a quelques siècles, entouré d’une nature hostile et sujet aux invasions.

    Notre promenade débute au-dessus du village, sur une large route forestière qui progresse entre épicéas et prairies. Petit à petit, les arbres se font plus discrets et laissent apparaitre des vallons dégagés qui nous dévoilent un panorama somptueux.

    La Golèse

     

    La route de montagne s’élève tranquillement vers le col et bientôt le refuge apparait. Ce joli bâtiment construit au col de la Golèse, fait vraiment face à un panorama exceptionnel. Et c’est justement sur sa terrasse, face aux montagnes, que nous allons déguster un bon plat typiquement montagnard.

    Refuge de la Golèse

     

    Après cette bonne pause au sommet, nous n’allions quand même pas redescendre. Et donc, nous poursuivons notre balade en reliant l’autre refuge, son cousin, le refuge de Bostan.

    En chemin, au détour d’un petit éboulis rocheux je remarque un Aconit Napel resplendissant. J’aime cette belle fleur emblématique des montagnes, grande, élancée, majestueuse, noble, d’un bleu soutenu apportant une belle classe à ses clochettes imposantes. 

    Aconit Napel

     

    Le sentier qui relie les deux refuges, contourne le massif de Bostan en terrasse avant de plonger dans cette grande vallée au pied des impressionnantes Dents d’Oddaz.

    Les Dents d'Oddaz

     

    A l’approche du refuge, nous arrivons au pied de ces dents. Et littéralement, on se prend une claque visuelle. Cette grande barre de montagne se décline en plusieurs étages, séparés par des contrastes et des couleurs tranchants. La base de la falaise est garnie de gazon alpin en petites terrasses, celles-ci agrémentées de petits conifères ça-et-là. La partie supérieure poursuit l’effet par une falaise grise presque métallique, très verticale. Puis la dernière partie se démarque presque comme si elle avait été peinte en vert pétant. Une ligne très régulière trace un trait horizontale au-dessus duquel le gazon vert chapeaute à nouveau, la partie supérieure. Le tout apporte un contraste impressionnant qui parait presque irréel. 

    Les Dents d'Oddaz

    Les Dents d'Oddaz

     

    Arrivés au refuge de Bostan, mon père et ma fille gagnés par la fatigue s’accordent une pause. Avec mon fils et mon épouse, nous poursuivons au-dessus du refuge dans ce beau vallon. Un panneau indiquait la présence d’un petit lac à une poignée de minutes, le lac des Verdets.

    Le sentier monte dans un très joli vallon, mais point de lac en vue. En fait, cette gouille est un plan d’eau issu de la fonte des névés, aucune source ne l’alimente.

    Et lors de cette période bien sèche et chaude, le lac n’est qu’une zone de terre craquelée. 

    Finalement nous redescendons par un autre sentier plus au pied des dents d’Oddaz.

    Durant cette balade, nous sommes accompagnés par des marmottes peu farouches, qui jouent à cache-cache avec nous, dans les gros rochers qui bordent le chemin. Plus nous avançons et plus nos compagnes sont proches de nous, tantôt cachées derrière un rocher, tantôt à plat ventre sur une pierre, mais toujours avec un regard malicieux.

    Marmotte

    Marmotte

     

    Nous rejoignons le reste de la famille au refuge de Bostan. Ce refuge qui réside à 1763m d’altitude, est aussi sollicité en été qu’en hiver pour les sorties ski ou raquette. Le sentier rejoint la vallée en nous offrant encore quelques belles images de montagne.

    Les Allamands

     

     Cette boucle entre la Golèse et Bostan était pleine de surprises et nous a fait découvrir deux belles vallées. J’étais déjà monté deux fois au col de la Golèse mais depuis l’autre versant, par Morzine, plus précisément depuis l’Erigné, non loin du lac des Mines d’Or.

    Mais par-dessus tout, cette balade découverte m’a ouvert les yeux sur un florilège de randos dans le secteur, entre Bostan, Folly, Vogealle. Sans aucun doute, de nouvelles randos à venir.

       

     

     

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  • Le Mont-Blanc des Dames

    11 Août 2019

    Haute-Savoie

     

    Le Buet, voilà bien longtemps que j’admire cette montagne mythique. Du haut de ces presque 3100m d’altitude, ce dôme minéral et allongé domine la vallée du Giffre. Depuis mes plus jeunes jours, mes yeux se posaient presque quotidiennement sur cette imposante silhouette. Une ascension probablement extraordinaire, et pourtant je n’avais encore jamais eu l’occasion d’y aller.

    Le Buet

    Image du Buet prise en hiver

     

    C’est à l’occasion d’une sortie organisée par la communauté de Sylvain, créateur de « Mon petit réflex », que le projet va pouvoir se réaliser.

    « Mon petit Réflex » c’est une chaine YouTube extra, qui m’a beaucoup appris sur la photo. Des news, des techniques, des escapades photographiques, Sylvain nous distille son savoir qu’il a acquis en autodidacte. C’est tout simple, sans prise de tête, mais redoutable d’efficacité. Tout au long de son parcourt, il a su fédérer une belle communauté de fidèles, et même un groupe un peu plus fermé où on se connait mieux. Nous avons régulièrement la possibilité de se retrouver dans des « live » sur internet qui se terminent souvent en franche rigolade. Mais surtout à l’initiative de certains, des rencontres entre membres s’organisent aux quatre coins de la France. C’est justement à l’occasion d’une de ces sorties qu’est organisée l’ascension du Mont Blanc des Dames, tel qu’il se fait aussi appelé.

    Je vous encourage à suivre le travail de Sylvain : Chaine 'Mon Petit Reflex'

    Le rendez-vous est fixé au petit village Le Buet, non loin de Vallorcine, au fond de la vallée de Chamonix. Je fais connaissance avec mes compagnons de rando, dans une bonne ambiance. Le plan de cette balade est le suivant : Nous montons dans l’après-midi au refuge de la Pierre à Berard pour y passer la nuit et le lendemain nous faisons l’ascension du Buet. Au sommet de ce dernier, nous ferons un bivouac pour admirer le coucher et le lever du soleil. Puis de retour du paradis, nous réintégrerons la civilisation et rejoindrons le parking. En espérant que le temps soit avec nous car quelques pluies sont tout de même annoncées durant la première nuit !

     Mais en attendant, la chaleur est écrasante, nous hissons les sacs bien lourds comme à l’accoutumée, sur le dos et débutons notre aventure.

    Le Buet, jadis appelé « la Mortine », culminant à 3096m, est le plus haut sommet de la réserve de Sixt-Passy. Au carrefour de la vallée du Giffre, des montagnes d’Anterne, des Fonts, de l’autre côté les contreforts des aiguilles Rouges, au loin la région d’Emosson. Le sommet s’impose de loin dans la vallée, il est incontournable dans le décor.

    En 1770, la cime est vaincue par les frères Deluc qui firent l’ascension par la vallée de Sixt. Leur but étant à l’époque de réaliser un tas d’expériences scientifiques, comme bien souvent pour les premières des hauts sommets.

    Un an plus tard, c’est Marc Théodore Bourrit qui atteint le sommet, par le vallon de Bérard. Ce sont ses traces que nous suivrons.

    Mais pourquoi l’appelle-t-on « Le Mont Blanc des Dames ». Et bien la légende raconte qu’en 1786 à la suite de la première du Mont Blanc par le Docteur Paccard et Jacques Balmat, trois anglaises atteignent quelques jours plus tard, le sommet du Buet et signent ainsi sa première ascension féminine. Il aurait ainsi été affublé de ce surnom.

    Je préfère cette histoire à celle un peu misogyne qui laisse à la gente féminie, les honneurs limités à cet estimable mais néanmoins modeste sommet, au regard du prestige relatif au toit de l’Europe réservé à ces messieurs.

    Mais trêve d’histoire, revenons sur le sentier qui s’élève rapidement dans une forêt de mélèzes et d’épicéas. Au fil du chemin, nous faisons plus ample connaissance. Mes acolytes viennent d’un peu partout, Nord-Est de la France, région lyonnaise, Paris et aussi PACA. Des horizons artistiques tout aussi variés.

    Première halte à la cascade de Bérard sur le torrent de l’Eau de Bérard. Très aménagée mais la chute d’eau est impressionnante.

    Cascade de Bérard

     

     

    La fraicheur de cette dernière, fait du bien car en ce mois d’août, la chaleur est bien présente. Nous reprenons notre chemin.
    Par bonheur, dans sa première partie le sentier évolue dans une forêt de mélèzes qui nous diffuse un agréable parfum et nous protège quelque peu des rayons ardents du soleil.

    le vallon de Bérard



    La pente s’assouplie et nous ne tardons pas à sortir de la forêt pour traverser le vallon de Bérard. Une vallée encadrée par la fin du massif des aiguilles Rouges et le mont Oreb de l’autre côté, le décor est somptueux, je n’étais encore jamais venu fouler la terre de cette contrée.

    le vallon de Bérard

     

     

    Nous suivons tranquillement le sentier qui s’enfonce dans le vallon. Au détour d’un virage, un vieux mâle bouquetin nous surveille d’un promontoire rocheux. Nous en voyons assez souvent dans ces massifs, mais c’est toujours un plaisir d’apercevoir cet animal emblématique des montagnes.

    Nous arrivons au refuge en fin d’après-midi. Et comme annoncé, le ciel se pare de voiles nuageux. Cela peut être inquiétant pour le lendemain, mais très intéressant pour quelques clichés en soirée.

    Refuge de Pierre à Bérard

    Refuge de Pierre à Bérard

     

    La soirée se passe. Dans le refuge l’ambiance est très conviviale et les discussions s’enflamment sur un foisonnement de sujets. On gardera un super souvenir des gardiens du refuge, très sympathiques et bienveillants.
    Nous rejoignons tranquillement nos couchages dans la salle à l’étage, toutes les étroites couchettes sont alignées. On est bien dans l’ambiance rustique des refuges de montagne.

    On avait prévu de faire le lever du soleil, pour autant que la météo le permette. Mais là, comme les prévisions l’avaient annoncé, c’est plié. Nuage bas et pluie fine au menu, pour le moment nous ne sommes même pas sûr de pouvoir monter au sommet. Cependant, si on s’en remet strictement aux prévisions, et parfois il faut bien se rattacher à quelque chose, la nébulosité devrait cesser en matinée. Nous déjeunons tranquillement dans la salle à manger tout en bois et baignée par les histoires de montagne. L’avis des gardiens nous rassurent également, ils sont aussi optimistes sur l’amélioration qui ne peut qu’arriver.

    Vers 9h30 la pluie cesse et nous prenons la décision d’y aller. Un membre de l’équipe déclare malheureusement forfait. L’engagement physique est au-dessus de ses moyens.

    L’ambiance est austère, mais pourtant dans mon esprit, je sais que ce genre d’atmosphère peut réserver des surprises artistiques impressionnantes. Et cela m’excite quelque part, mais c’est quitte ou double.

    Refuge de Pierre à Bérard

    Refuge de Pierre à Bérard

     

    Le sentier prend vite de la hauteur. Le refuge apparait déjà petit en contre-bas. On prend notre rythme, le groupe est assez homogène. Pour le moment, la météo tient et nous sommes optimistes.

    Arrivés sur un replat, nous nous accordons un petit break. Et c’est l’occasion pour chacun de laisser parler ses émotions. Appareil en main, aucune scène ne nous échappe. Pour ma part, je me focalise sur les petites fleurs qui à 2200m d’altitude, sont très rases et habituées à un climat rude et contraignant. L’environnement est très rocailleux et presque dépourvu d’arbre et arbuste. Cette flore est particulière et ne m’est pas très familière. J’ai plus l’habitude de rencontrer des espèces de moyenne montagne ou la végétation est très présente. Ici c’est une ambiance totalement différente. On est déjà dans l’étage alpin, au-delà de 2000m.

    Renoncule des glaciers

     

    Fleur

     

    Nous poursuivons notre montée. Parfois, le sentier se perd dans un dédale rocheux où les pas doivent être précis et la technique de varappe n’est pas inutile. Un peu plus haut non loin du col de Salenton, une jeune étagne se demande encore que viennent faire cette bande de rigolos avec leurs sacs démesurés. La brume lacère les pentes minérales, nous ne nous décourageons pas et marchons vers notre objectif.

    Nous contournons un rognon et partons sur un dévers de pierre, suivi d’un névé peu pentu, mais où chaque pas doit être assuré. Une expérience nouvelle et pas forcément évidente pour certains de mes compagnons peu familiers à ce type de randonnée.

    Névé

     

    Un peu plus haut nous atteignons, un replat qui surplombe la Table au Chantre, un plateau de rocher. J’appelle le petit col qui nous accueille, « la salle à manger » appellation totalement personnelle mais qui tombe bien puisque c’est l’heure de casser la croute.

    Le vent est bien présent et les rasons enveloppent les pentes. Ce terme purement haut-savoyard définit des nuages proches du brouillard qui se fait balayer le long des pentes et apporte une ambiance presque lugubre.

    Brume et montagne

     

    Le temps ne se détériore pas, mais ne s’améliore pas non plus. Je deviens assez sceptique quant au coucher de soleil sur le Mont Blanc qu’on espère encore.

    Plus nous montons, plus le brouillard nous agresse. Il s’infiltre partout, coule sur nos vêtements, aidé par un vent digne d’une ambiance de haute montagne. Je revois encore la vidéo de Sylvain (voir en fin d’article) qui fait un joli clin d’œil à ce moment précis. Après coup, on en rigole et on se remémore cela de manière amusée, mais sur le moment, on ne faisait pas les fiers.

    Nous passons à côté d’un petit abri, l’abri de Pictet à 3000m d’altitude. Il représente le plan B, si vraiment le bivouac s’avère impossible. Mais pour le moment, on reste optimiste et on garde le moral.

    Nous sommes désormais, sur l’arrête de la Mortine, tel que l’on nommait le Buet autrefois. Je n’ai pas souvent l’occasion de fouler le sol de ces altitudes aériennes qui s’élèvent au-dessus de la plupart des randonnées habituelles.

    Nous passons devant des petits murets de pierres probablement aménagés là par d’autres randonneurs qui ont peut-être connu les mêmes conditions. Mais notre organisateur nous propose de monter au sommet du Buet afin de voir si l’endroit est éligible pour un bivouac. Cependant, le brouillard nous empêche de vraiment voir si nous sommes vraiment au sommet et surtout le vent est violent et ne permet en aucun cas d’installer les tentes. La décision est vite prise et nous rejoignons un peu plus bas nos petits murets avec qui nous allons très bien nous entendre.

    C’est à ce moment-ci que je ne regrette pas d’avoir investi assez cher dans ma tente qui ne bronche pas dans ces conditions. Montage facile et une aptitude sans faille contre les assauts du vent. Mes comparses possédant des tentes plus modestes, je leur propose qu’ils montent la leur dans l’enceinte du muret, qui malheureusement n’est pas suffisamment grande pour accueillir trois tentes. 

    Le temps est vraiment bouché et je n’ai qu’une envie, m’allonger dans mon duvet pour récupérer de cette montée harassante. Mon compagnon de tente adhère totalement à l’idée. Il vient de l’Oise et connait peu la montagne. Plus habitué au studio, au cosplay et aux mises en scène qu’il sublime parfaitement, qu’à la montagne et la randonnée, et quelle randonnée ! Le Buet comme initiation c’est osé !  

    Et je ne tarde pas à m’assoupir, si bien que j’émerge 2 heures plus tard. La météo n’a pas bougé d’un iota. Je fais chauffer de l’eau pour mon bol de pâte. Manger chaud, c’est la clé pour passer une bonne nuit. Je me rappelle mon premier bivouac où j’avais eu droit à la sanction du débutant arrogant qui cumule les erreurs. Mauvais sac de couchage, matelas anecdotique, aucune technique pour garder la chaleur, et surtout… je n’avais manger qu’une salade froide. Nous étions à cette occasion à 2500m, début Août, mais dans ces endroits le froid est souvent présent durant la nuit, même en été !

    J’en ai tiré de nombreuses leçons et je suis plus familier avec le bivouac en montagne même à des températures en dessous de 0.

    Donc, la soirée se passe discrètement, et l’ambiance maussade dicte l’activité du soir. Mais avant cela, on se met d’accord sur l’heure de réveil. En tant que bon amateur de paysage et plus particulièrement en heure bleue, l’heure qui précède le lever du soleil, chacun ou presque connait précisément l’heure du lever de soleil. Donc le rendez-vous est fixé vers 5 h 15.

    On rejoint le sac de couchage telles des marmottes à l’automne. Pour demain on y croit, ce sera grandiose.

    Le réveil sonne, cinq heures et quart. Je m’avance impatient et inquiet, vers la fermeture éclair de la porte de la tente. J’espère que le temps saura nous récompenser. L’horizon bleu se dévoile sous mes yeux encore un peu embrumés. Un frisson me remonte le dos en même temps que j’entends l’enthousiasme de mes voisins qui découvrent aussi le panorama fascinant.

    Aiguille verte et les Drus

     

    Nous prenons notre matériel et nous montant au sommet du Buet, à quelques minutes de nos tentes.

    La scène est fantastique. Le Buet c’est un dôme minéral, un environnement lunaire. Même en Août, les grands névés sont encore bien présents, ils persisteront jusqu’aux nouvelles neiges. En face de nous, s’élève la majestueuse chaîne du Mont Blanc, de l’Aiguille d’Argentière jusqu’aux Dômes de Miage. Les lumières rose-bleutées de ce moment sont uniques. Je les adore.

    Mont Blanc


     

    Et soudain l’astre apparait, il chevauche les cimes d’Argentière, baigne tous les sommets aux alentours. Sur notre droite, ce sont les montagnes d’Emosson, de la pointe de la Terrasse au Cheval Blanc, au loin le Tenneverge qui surplombe le sublime cirque du Fer-à-Cheval. Les lacs d’Emosson qui résident en Suisse, sont très connus, notamment le lac du vieux Emosson qui héberge un site paléontologique, avec des traces de reptile datant de 240 millions d’années.

    Emosson

     



    Le Buet étant le plus haut sommet de la Haute-Savoie, en dehors du massif du Mont Blanc, nous avons droit à un panorama à 360 degrés. De l’autre côté, s’étend la chaîne des Rochers de Fiz. Je vous ai déjà souvent parlé de cette belle chaîne de montagne qui domine le lac d’Anterne, celui de Pormenaz et sur l’autre versant, le vallon de Sales.

    Dans cette scène, l’ombre du Buet planait sur les Fiz et les autres montagnes. Ephémère moment qui donne une ambiance particulière.

    Les Rochers de Fiz

     



    Nous profitons tous, de ces instants magiques, ne savant plus où regarder tellement tout est beau.
    Le soleil prend de la hauteur et les lumières se durcissent. Par conséquent, nous rejoignons nos maisons d’un jour.

    Le bivouac

     

    Quoi de mieux qu’un p’tit dèj. À 3000m face à ce spectacle ! Nous sommes euphoriques. Les souvenirs se construisent et s’empilent, gravés pour toujours.

    Cirque des Fonts et Rochers de Fiz



    Mais les minutes passent, il nous faut remballer nos tentes et quitter cet endroit fabuleux.
    L’esprit serein, nous descendons le sentier caillouteux en assurant nos pas. Les montagnes sont belles, je ne peux m’empêcher de capturer ces instants.

    Aiguille Verte et Argentière



    La veille, ce même sentier nous paraissait interminable, le brouillard nous enveloppait et nous n’avions aucune idée du paysage. Ce matin, c’est complétement différent. Les montagnes aux alentours transforment ce sentier sillonnant les rochers et les falaises en décor de rêve au cœur des Alpes.

    Un peu plus bas, le chemin devient plus tranquille. C’est une nouvelle occasion de sortir l’appareil. Pour ma part je profite de quelques fleurs de montagne. Ce sont des campanules qui captent mon attention.

    Campanule


     
      

    On rejoint notre lieu de pic-nic de la veille et encore une fois, L’ambiance est totalement différente. Un panorama grandiose. Malgré cela, hier les photos à cet endroit, étaient puissantes et baignées d’une atmosphère austère mais pleines de caractères. Et j’ai toujours plus d’attirance pour ce type d’ambiance.

    Mont Blanc

     

     

    Après s’être restauré, nous continuons notre descente. Et le refuge est en vue.

    Nous voilà revenus à notre première étape où nous retrouvons notre amie restée en bas.
    Le temps de se désaltérer et nous descendons le vallon. La chaleur du fond de vallée nous enveloppe à nouveau et change bien l’ambiance déjà alourdie par le dénivelé consommé.

    le vallon de Bérard

     

     

    La cascade de Bérard nous redonne un peu de fraicheur, l’arrivée est proche. Encore quelques lacets sous l’ombre des épicéas puis la route est retrouvée.
    Un regard derrière nous sur cette randonnée mémorable, j’en garderai un souvenir extraordinaire partagé avec un groupe génial.

    Le torrent de Bérard

    Le village du Buet

     

    Pour vous immerger encore plus dans l’ambiance de cette aventure, envolez-vous vers le sommet avec le quart d’heure photo de Sylvain : 

       ->  Récit de l'aventure en vidéo 

     

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  • Un lac mythique de Haute-Savoie

     

    4 Août 2019

     

    Haute-Savoie 

     

    Il y a quelques jours, j’avais vécu 2 jours merveilleux au bord du lac de Pormenaz. De l’autre côté du col, un autre lac est niché au fond de l’alpage. Un lac très renommé dans la région de la réserve naturelle de Sixt-Passy.. Culminant à 2063m, au pied des Rochers de Fiz, ce plan d’eau résultant d’un passé glaciaire, est inscrit dans un décor somptueux. Allons ensemble découvrir la magie du lac d'Anterne.

    J’emmène mon fils dans cette balade que je connais bien, dans l’espoir de l’enchanter lors de cette randonnée. Lors de nos sorties, nous avons toujours l’espoir de rencontrer quelques raretés de la faune des montagnes.

    Lac d'Anterne

     

    Notre balade débute au chalet du Lignon, non loin de la spectaculaire cascade du Rouget. Le sentier évolue dans une forêt de conifères en bordure du torrent de Sales. La pente se renforce et bientôt nous rejoignons la cascade de la Pleureuse, une très belle chute d’eau dont les filets d’eau s’étendent sur des tapis de mousse.

    Cascades de la Pleureuse

     

    Le chemin part sur la gauche et abandonne le sentier de la vallée de Sales. Nous grimpons en direction du Collet d’Anterne, le passage charnière entre la vallée du Haut-Giffre et les montagnes d’Anterne. Ce col, au pied de la pointe de Sales, nous ouvre les portes d’une paysage complètement insolite et différent.

    D'un côté, le regard s'émerveille sur la vallée de Sixt, avec le village de Sixt et de Salvagny.

    Sixt et Salvagny



    De l'autres côté, la verticalité des Rochers de Fiz est impressionnante, cette masse de roche trône devant un vallon presque lunaire qui pourrait faire penser aux étendues lapones.

     

    Plaine d'Anterne

     

    De l’autre côté, à quelques battements d’aile d’un gypaète, se dresse un sommet emblématique, le Buet.
    A mi-chemin entre la vallée du Giffre et celle du Mont Blanc. Justement, les randonnées que je fais dès lors se mettent au service d’un entraînement que je m’impose afin de pouvoir le gravir et d’y installer un bivouac. Mais je reviendrai tout prochainement avec le récit de cette aventure.

    Le Buet

     

    Dans cette belle plaine qui longe les Fiz, coule le torrent d’Anterne qui sillonne la prairie de la plus belle manière.

    Torrent d'Anterne

    plaine d'Anterne

     

    Le sentier nous emmène à son extrémité, au refuge Alfred Wills. Du nom d’un notable d’Angleterre qui arrive dans la région de Sixt vers 1850 et cherche à bâtir un chalet d’alpage. Ce genre d’individu étranger n’est rarement apprécié par les populations locales. Pourtant ce passionné de montagne et d’alpinisme, gagne la sympathie des habitants de cette vallée dont il tombe amoureux. Il se fera construire un chalet dans l’alpage des Fonts et marquera l’histoire de la vallée. Quelques décennies plus tard, ces descendants feront construire un autre chalet au collet d’Anterne. Mais inhabité, il sera finalement abandonné et pillé pendant la seconde guerre mondiale. Les frais trop élevés pousseront les propriétaires à le vendre. En hommage à cette figure de la vallée, son nom est donné au refuge construit en 1981, au fond de la plaine.

    Refuge Alfred Wills

    Rochers de Fiz

     

    Au-delà du refuge, il nous faut passer un petit col avant d’atteindre le lac. Le chemin s’engage dans une monté assez soutenue dans une ardoisière. Quelques marmottes nous accueillent avec leurs sifflements familiers. Peu après, nous traversons encore un petit vallon avant de découvrir ce plan d’eau magique

    Lac d'Anterne

     

    Arrivés au sommet, nous nous laissons envahir par le bien-être de la montagne. Mon fils ne rate pas une occasion pour observer les animaux, rien ne lui échappe. Çà et là, des marmottes s’activent au soleil. Tantôt se prélassant au soleil sur les dalles chaudes, ou juchées sur un promontoire, attentives aux prédateurs.

    Marmotte

    Marmotte

     

    Autour de nous, quelques traquets motteux viennent se percher sur les rochers. J’aime beaucoup cet oiseau assez commun en montagne. Chose amusante, j’en ai également aperçu sur le littoral breton. Il s’agissait toutefois d’une variante de l’espèce aux couleurs légèrement différentes.

    Cet oiseau amusant n’est pas très farouche et même curieux. Il vient toujours se percher sur un petit promontoire. Ainsi, s’en devient presque facile pour le photographier.

    Traquet motteux

     

    Quelques fleurs alpines attirent aussi mon attention, et je ne peux pas les ignorer.

    Silène

    Fleur des Alpes

     

    Nous prenons congé de ce lieu de rêve. La descente bien que longue, repasse dans ce beau paysage.

    Le lac d’Anterne est toujours une de mes randonnées préférées. Le cadre est magnifique et la balade est jalonnée de point d’intérêt.

    Un beau moment.

    Pointe de Salles

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  • Lumières des Fiz

     

    01.08.2019

     

    Lac de Pormenaz, Haute-Savoie

      

    En ce jour de la fête nationale suisse, je voulais profiter de ce break pour m’organiser un bivouac sympa. Voilà un certain temps que je ne me suis pas balader vers le lac de Pormenaz. Un joli plan d’eau entouré de pelouse alpine verte, faisant face aux Rochers de Fiz. Une petite île le singularise et lui donne tout son cachet.

    Lac de Pormenaz

     

    J’avais l’idée de partir assez tôt de mon travail pour avoir la chance d’assister au coucher du soleil.

    Donc je file vers Sallanches, le timing est serré. J’arrive vers le Plaine Joux, il y a beaucoup de monde, un grand parking. Ma mémoire me faisant cruellement défaut à ce moment, et ayant un peu vite préparé la rando, je ne me souviens plus vraiment d’où on part. je gare la voiture, sors les affaires, prends mon sac et me mets en route rapidement sans trop savoir par où attaquer, un vrai amateur !

    Je consulte vite fait une carte IGN qui me montre que je ne suis pas vraiment au bon endroit. Bon, retour à la voiture, un peu énervé je dois dire. Je reprends la route en direction du lac vert. Et je trouve enfin un petit parking avec un écriteau « Lac de Pormenaz ». Après ce petit contre-temps, je m’engage d’un pas assuré vers ma destination.

    Sentier Pormenaz

     

    Le soleil brille, quelques nuages sympathiques trainent dans le ciel. Pas de risque orageux annoncé, ça s’engage bien. Je passe à côté du Châtelet, puis vers les chalets d’Ayères du milieu. Je sais qu’il va me falloir garder ce rythme si je veux arriver à la bonne heure et malgré la vingtaine de kilos habituelle du sac. J’arrive à l’embranchement des chalets du Souay.

    Chalet du Souay

     

     

    A gauche un chemin part vers le chalet de Moëde Anterne, puis le col d’Anterne. A droite on poursuit vers le lac de Pormenaz. La sente descend dans le fond de la vallée creusée par le torrent du Souay. Non loin de là, l’itinéraire se sépare pour proposer un sentier qui longe le torrent et un autre, la Chorde qui se taille une ligne plus directe dans les falaises, occasionnant par moment la présence de câbles et d’échelles.

    Sentier de la Chorde

     

    L'itinéraire est un peu plus court, je gagne du temps en prenant le chemin de la Chorde. Et c’est justement ce qu’il me faut pour m’assurer le coucher du soleil.

     

    C’est en empruntant les échelles que je sens bien mon sac à dos et son poids. Mais ça passe, non sans une bonne transpirée !

    Pormenaz

     

    J’arrive sur le plateau qui héberge le lac. Le temps est toujours aussi beau avec ces écharpes de nuages qui s’enroulent sur les cimes.

    Je trouve un joli replat qui surplombe le lac avec en toile de fond, les Rochers de Fiz. Ce petit coin est un vrai morceau de paradis, une ambiance calme presque mystique, parfait pour profiter au mieux de ce bivouac.

    Pormenaz - Les Fiz

     

     

    Juste le temps de monter la tente, et les lumières deviennent somptueuses. Je jette un coup d’œil aux éléments autour de moi, en cherchant quelle sera la meilleure composition. C’est en m’approchant au plus près du lac que je choisis un cadrage qui me convient. Une belle ouverture sur le plan d’eau en mettant en évidence la petite île qui capte encore un rayon de soleil. En fond les Rochers de Fiz sont imposants et magistraux. Les nuages de fin d’après-midi sont toujours au rendez-vous et soulignent remarquablement les montagnes qui éclipsent peu à peu le soleil et m’offrent de douces lumières.

    Lac de Pormenaz


    Même après le départ du soleil, l’ambiance reste splendide. La montagne est contrastée par un soleil en arrière-plan. Le contre-jour n’occulte pas le détail des falaises ni celui de la verdure entourant le lac. Les nuages viennent dessiner dans le ciel la petite touche ouatée qui lui manquait. Je suis aux anges.

     

     Lac de Pormenaz

     

    L’heure bleue représente toujours un bon moment de méditation. Et ce sont ces moments de solitude dans une ambiance apaisée qui m’emporte dans mes pensées. Mais il est déjà tard et les nuits sont courtes en été. Ainsi le réveil sera matinal, alors je m’engouffre dans ma tente et mon sac, je règle mon réveil à 5 heures afin d’apprécier l’heure bleue du matin.
     

    La mélodie du réveil me tire de mes rêves. J’entre-ouvre la fermeture de ma tente, et je regarde le ciel. Un tableau étoilé qui m’offrira probablement un joli reflet sur le lac.
    J’enfile mes habits, prépare mon matériel et ne perds pas une seconde, la scène est telle que je l’imaginais.

    Lac de Pormenaz

     

    Je rejoins mon spot et repère un endroit qui m’offre un magnifique reflet des Rochers de Fiz dans le lac, qui pour l’occasion est d’huile. Pas une vaguelette, pas une ondulation le reflet est royal.

    Je regarde le jour se lever. A chaque minutes les couleurs changent, elles dévoilent le caractère de la scène qui évolue continuellement. Et soudain, la cime s’enflamme sous les premiers rayons de soleil.

    Lumières des Fiz

     

    Je ne compte pas le nombre de photos que s’enregistre sur ma carte mémoire. Pourtant, j’essaie de mettre un point d’honneur à photographier moins mais mieux ! Bien réfléchir et saisir le moment quand il est parfait. Mais là, j’ai l’impression qu’à chaque minute il est encore mieux qu’à la précédente !

    Lumières des Fiz

     

    Le soleil s’installe gentiment, et je regagne ma maison d’un jour pour me préparer le petit déj’.

    Ces émotions m’ont ouvert l’appétit.

    Après cela, je divague aux alentours et admire quelques pépites florales, tels que des linaigrettes et des orchis que je m’évertue à immortaliser.

    Orchis

     

     

     

    Linaigrette

     

     

    Certains spots sont très fréquentés en montagne, mais aux alentours peu de voisin, seuls 2 pêcheurs à l’autre bout du lac.

    Je me réjouissais de revenir auprès de ce lac, bien trop d’années s’étaient écoulées depuis ma dernière visite. Je me souvenais d’être monté à la Pointe Noire de Pormenaz, un belvédère impressionnant face au Mont Blanc.

    Cependant, je n’avais que peu de souvenir des abords du lac. Et je ne suis pas déçu du petit coin que j’ai trouvé pour ce bivouac.

     

     

    Je poursuis ma journée en longeant le lac. La végétation est étincelante, gorgée d’eau dans ces zones généreusement marécageuses, la faune et la flore profitent de cette humidité pour foisonner dans une harmonie parfaite.

    Lumières des Fiz

     

    Lac de Pormenaz

     

     

     

    araignée

     

     

    Citron

     

    araignée

     

    Lac de Pormenaz

     

    Je resterais bien là, à me laisser imprégner de ce bout de nature en symbiose. Mais le temps s’écoule comme ce plan d’eau s’enfuie en torrent vers la vallée, et il me faut quitter ce havre de paix.

    Sentier des Argentières

     

     

    Je rejoins le sentier des Argentières, une balade qui s’engouffre dans la vallée, toujours au pied des Rochers de Fiz. Une impression de revenir à la vie civilisée par un toboggan montagnard, mais soudain, cachée dans un petit renfoncement, je tombe sur une cascade splendide.

    Je craque ! Je pose mon sac, détache le trépied et pars sur une pose longue pour calmer la fougue de la chute d’eau. Pour ne rien gâcher, le soleil vient surplomber la scène pour apporter un léger contre-jour qui m’excite totalement.

    cascade

     

     

    Le temps est merveilleux et je me sens revivre dans cette atmosphère montagnarde.

    Une bien belle sortie qui s’est déroulée à merveille. 

     

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