• Au-delà du Lac Bénit

     

    Aravis – Haute-Savoie

     

    23 Juin 2018

     

     

    Dans mon envie effrénée de bivouac en montagne, j’ai trouvé un beau prétexte en embarquant mon fils dans l’aventure.

    J’avais surveillé de près la météo ces derniers jours, en priant pour que l’activité orageuse nous laisse tranquille et que le temps soit clément. Mon souhait fut exaucé et la sortie pouvait se réaliser.

    Je prépare donc le matériel, en chargeant méticuleusement mon nouveau sac de bivouac qui permet au grand dam de mes genoux, d’emporter une bonne quantité de matériel. Et j’ai ainsi toujours le dilemme de choisir au plus utile, les objectifs photos que je serai le plus susceptible d’utiliser. Mais ici mon gros téléobjectif malgré son poids, était incontournable. En effet nous espérons croiser les joyaux de la faune alpine.

    Donc sur la balance, les 20 kg sont discrètement franchis et mon fils me complémente en s’octroyant 4 kg de chargement. Mais quand on aime on essaie de ne pas compter !

     

    Le jour J est arrivé, nous prenons la route de Cluses, Marnaz, le Mont-Saxonnex, puis Morsullaz et le parking du Bété.

    Il est 15h, nous préparons notre paquetage sous une chaleur écrasante. Le sentier débute dans une forêt peu dense, mais qui nous apporte un peu de fraîcheur bienvenue. Mon fils est remonté comme une horloge et file comme un chamois.

     

    Lac Bénit

     

    La montée est très agréable, le sentier forestier devient vite clairsemé et se rapproche assez vite des pâturages. Dans les trouées on aperçoit le Pic du Marcelly et les montagnes du Faucigny.

     

    Lac Bénit

     

    Puis nous arrivons bientôt face à l’imposante falaise du Bargy au pied duquel se trouve notre lac. Nous y retrouvons une des curiosités géologiques de cette montagne, deux grandes cavités symétriques qui nous regardent, les Yeux de la Chouette. Cette falaise compte de nombreuses voies d’escalade assez engagées.

     

    Lac Bénit

     

    Le lac n’est plus très loin. Le faible dénivelé et son accès facile favorisent un afflux touristique important. Nous décidons de le contourner par un petit sentier forestier qui le borde. Des hordes de têtards énervés s’agitent sur les bords du plan d’eau.

    Sur l’autre berge, un chalet-refuge fournit un point de ravitaillement pour les visiteurs.

    A l’extrémité du lac, un éboulis rocheux recouvert tardivement au printemps par un névé, dévoile un couloir minéral impressionnant. En haut de ce passage se trouve le col de l’Encrenaz, la porte des cimes du Bargy.

     

    Nous décidons de nous engager sur ce sentier qui silionne les blocs de rocher. Après quelques lacets, je repère un promontoire au pied d’une falaise. Le coin est très caillouteux mais assez plat. Il est un peu à l’écart de la foule et me semble parfait pour notre quête de tranquillité. Cependant le relief du sol parsemé de cailloux plus ou moins gros, m’inquiète un peu, je crains que le confort du couchage soit très relatif, mais on verra bien. Je monte la tente et nous profitons de ce beau panorama.

     

    Lac Bénit

    La journée s’étire et il nous prend l’envie de grimper un peu sur le sentier de l’Encrenaz, qui s’élève rapidement dans un dédale de rochers. Il est assez fatiguant de gravir, mais l’ascension sans nos sacs à dos nous paraît de suite, plus agréable.

    Après une bonne montée nous croisons des randonneurs qui venaient du versant opposé du Bargy. Mon fils ne tarde pas à leur demander s’ils ont vu des animaux, nos visiteurs nous informent avoir aperçu des Gypaètes barbus. Rapidement, je vois les yeux de mon fils briller. Ce bel oiseau faisait secrètement partie des animaux que nous rêvions de voir.

    Nous continuons à gravir quelques dizaines de mètres de dénivelé. Et soudain, un moment éphémère mais merveilleux. Un vol de 3 gypaètes, 2 adultes et un plus jeune, survolent les falaises qui nous surplombent. Le corps jaune orangé des adultes et leurs ailes foncées, ainsi que la forme de sa queue longue et renflée en bout ne laisse aucun doute sur l’identification. Quel bonheur d’observer ce bel animal. Mon fils est comme un fou. Il se passionne depuis quelques temps pour les rapaces, et celui-là occupe une place de choix dans son cœur. Il l’observe pour la première fois.

    N’ayant pas emporté mon appareil lors de cette escapade, je ne garde de cette rencontre que le superbe instant que mes yeux m’ont permis d’observer.

    Nous regagnons notre campement avec la banane suite à cette observation.Puis nous préparons notre dîner.

    Lac Bénit - le campement

     

    Je fais chauffer de l’eau et la bonne soupe de pâtes à la tomate chaude et salvatrice, est la bienvenue.Je profite encore de quelques belles lueurs sous les couleurs pastelles du soir, alors que mon fils s’est déjà engouffré dans son sac de couchage.J’ai prévu un réveil très matinal, aussi je ne tarde pas à profiter du repos mérité.

     

    Lac Bénit

     

     

    Lac Bénit

     

    4h15, le réveil me sort de mes rêves, tel un ressort j’enfile mes habits et mes chaussures. Je me hisse discrètement hors de la tente et admire un ciel nuageux à souhait. J’imagine déjà son potentiel photographique.

    Je cherche un point de vue remarquable mais notre position n’est pas idéale. Je trouve tout de même, quelques compostions intéressantes et profite des couleurs qui deviennent flamboyantes.

     

    Lac Bénit

     

    J’adore ces quelques minutes éphémères précédant le lever du soleil ou il faut être prêt à immortaliser ces lumières magiques. En une poignée de secondes, pour peu que des nuages d’altitude apportent de belles textures au ciel, les lumières du soleil encore sous la ligne d’horizon, leur donnent des teintes roses, oranges, jaunes, spectaculaires. Dans ces moments, une euphorie s’empare de moi.

     

    Lac Bénit

     

    Mon fils me rejoint et il profite de ce beau spectacle. Et quoi de mieux que te de partager avec lui, ce moment fantastique.

     

    Après avoir pris notre petit déjeuné, nous remontons sur le sentier escarpé de l’Encrenaz, dans l’espoir d’y revoir les gypaètes. Mais notre quête restera infructueuse. Alors, nous en profitons pour apprécier la vue surplombante sur le lac et la vallée.

     

    Lac Bénit

     

    Finalement de retour près de notre tente, nous en profitons pour s’immiscer dans l’intimité des belles fleurs de montagnes, telles que ces petites et discrètes grassettes.

     

    grassette

     

    Puis ce sont des fidèles soldanelles, fines et délicates qui m’offrent leur douceur.

    Soldanelles

     

    Et plein d'autres toutes aussi belles

    Primevère

    bourdon

     

    Nous remarquons également que les névés qui persistait le long de la falaise, offrait un jeu de texture hallucinant, de quoi ravir et dévoiler notre vision artistique.

     

    névé

     

    névé

     

    Il est temps de ranger notre tente et de quitter ce bel endroit qui malgré les craintes du sol caillouteux, n’a occasionné aucun souci à nos matelas de couchage, le confort était au rendez-vous !
    Midi approche et nous montons sur la colline qui surplombe l’autre bout du lac.

     

    Lac Bénit

     

    Après un dernier regard sur cet endroit que j’ai de nombreuses fois visité, nous reprenons le chemin de la descente. Aux portes des Aravis le secteur du lac Bénit accessible mais discret, offre une très belle fenêtre sur les Alpes. Je ne me lasse jamais d’y revenir.

     


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  • Le réveil du Felletin

     

    Ardèche – Mont du Pilat

     

    20 Mai 2018

     

    Le Mont Felletin ou aussi appelé le Grand Felletin.

    Un belvédère somptueux à la frontière entre l’Ardèche et la Haute-Loire, qui possède tout le charme d’un paysage montagnard boisé et offre une vue panoramique des monts du Pilat vers la chaîne des Alpes, du Mont Blanc, jusqu’aux Ecrins.

    J’étais déjà venu faire des photos dans le secteur, mais quand Damien, mon fidèle compère, me propose d’aller bivouaquer là-haut, je dis GO !

     

    Tout le matériel est préparé, une bonne opportunité de tester ma nouvelle tente de bivouac.

    Le programme est bien excitant. Après le repas familial, nous chargeons tout notre attirail dans le 4x4 et prenons la route, direction Riotord. La soirée promet d’être bien sympa.

    A nous le petit chemin sauvage qui s’enfonce dans la forêt.

    Après une montée nocturne jusqu’au Grand Felletin, nous posons notre tente. Pour Damien c’est l’occasion de tester son hamac prêt pour un bon trip « survie ».

    Dans l’esprit d’améliorer nos compétences en autonomie, mon compère entreprend de faire un feu avec les moyens du bord. Il nous faut trouver du bois… sec ! Puis enflammer les brindilles grâce à une pierre à étincelle. L’opération est fastidieuse et loin d’être gagnée. Après plusieurs tentatives, nous arrivons enfin à produire le feu tant attendu.

     

    La soirée

                      -  Photo : Damien Hubert -

     

    On sort les tasses pour boire une bonne tisane, il fallait bien profiter de notre feu. La soirée se prolonge autour de ce feu, on rigole, on raconte des histoires de rando, de survie et de photos.

    Mais il se fait tard, alors nous éteignons notre feu, et nous regagnons nos antres respectifs.

    Le réveil sera matinal pour accueillir le soleil comme il se doit. Il est vrai que ma dernière visite au Grand Felletin s’est soldée par un brouillard tenace qui n’a pas été très coopératif.

     

    En ce mois de Mai, le jour se lève tôt, environ vers 6 heures. Cependant, j’ai maintenant une certaine habitude qui s’est installée pour n’avoir dans ces situations, aucun problème à m’extirper du sac de couchage.

    L’ambiance est fraîche et le temps est splendide. J’aurai presque espéré un ciel un peu plus chargé et une ambiance puissante au levant, mais ne faisons pas la fine bouche.

    Je profite de l’heure bleue qui est terrible. Le sommet du Grand Felletin surplombe un magnifique chirat, un éboulis rocheux qui se perd dans la forêt en contrebas. Ces curieuses formations géologiques se sont formées lors de la dernière période glaciaire du quaternaire, résultant de l’éclatement du gneiss sous l’effet du froid.

    Les blocs scintillent dans la lumière bleutée du jour qui se lève. Quelques nuages embellissent le ciel. J’aime particulièrement cette ambiance froide de l’heure bleue qui nous offre souvent des couleurs de ciel pastelles somptueuses. Cette froideur des teintes recouvre tout le décor. Elle sublime particulièrement les paysages rocheux ou enneigés en hiver.

    Ici, les blocs de pierre captent bien la teinte de l’aube.

    Le ciel s’illumine pour accueillir l’astre. Une lumière vive, digne d’une explosion nucléaire. J’aime bien cette composition.

     

    Le réveil du Felletin

     

     

    Mon acolyte me rejoint et nous admirons ces minutes qui révèlent tout l’intérêt du lieu.

    Une poignée de minutes plus tard, le soleil apparaît enfin et embelli la scène, chassant les teintes froides pour installer les reflets chauds de l’heure dorée. Cette période éphémère ou les ombres sont chaudes et douces, les reflets dorés. Puis la température se réchauffe sous l’effet du soleil que l’on capture souvent en forme d’étoile dans nos scènes.

     

    Le réveil du Felletin

     

    Le soleil pénètre doucement dans la forêt et éclairent notre campement. Nous profitons encore un peu des senteurs de la forêt.

     

    Le campement

     

    Mais il nous faut plier nos tentes, ranger nos affaires et prendre la route du retour.

    Ce fut une parfaite première expérience avec ma nouvelle tente et me laisse une grosse envie de réitérer l’aventure.

    Le Grand Felletin a tenu ses promesses et nous a offert un très beau lever de soleil. Encore une sortie bien réussie.

     

     


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  • Un bivouac au Lac Lérié

     

    La Grave – Hautes-Alpes

     

    26 Mai 2018

      

    A la suite d’un stage photo mémorable dans la haute vallée de l’Ubaye en 2017, Thomas, Fabien et moi avions décidé de nous revoir pour refaire un bivouac en montagne ensemble.

    Les impératifs et agendas de chacun ont été difficiles à concilier, mais nous sommes arrivés à trouver une date pour notre sortie. Maxime, un amoureux de montagne et passionné chevronné des belles voies, nous a rejoint pour cette aventure.

     

    Le rendez-vous était pris, et malgré les grèves de la SNCF, Thomas a pu rejoindre Fabien pour gagner le lieu de rencontre.

    Nous nous retrouvons à Mizoën, un petit village accroché à la montagne qui surplombe le lac du Chambon. Cette montagne tristement célèbre, a fait parler d’elle il y a quelques années. Une quantité importante de roche s’est effondrée sur la route, mais un volume encore bien plus impressionnant menaçait de s’effondrer avec de fâcheuses conséquences pour le lac qui alimente le barrage juste un peu plus bas. La route a dû être fermée et le tunnel modifié.

     

    Mes complices m’attendent dans un charmant petit gite de montagne encore faiblement peuplé en ce tout début de saison.

    Je fais la connaissance de Maxime, qui m’impressionne par son expérience de la montagne. La soirée se déroule dans une ambiance de franche rigolade, agrémentée d’anecdotes photographiques et d’histoires alpines.

    Mais la journée du lendemain s’annonce sportive donc nous restons raisonnables et rejoignons nos couchettes.

     

    Le réveil est matinal mais l’excitation est là. Nous engloutissons de l’énergie en prévision des forces nécessaires pour tracter la vingtaine de kilos de nos sacs, plus pour certains. Nous remercions les tenanciers du gite qui ont été adorables et prenons la route du Chazelet.

     

    La météo s’annonce un peu aléatoire et il n’est pas exclu qu’un orage s’attarde sur les sommets voisins, mais je pars confiant avec les riches expériences de Fabien et Maxime, la mienne n’étant également pas nulle. Les sacs sont lourds, mais il reste une place pour la boisson des courageux et nous avions à cette occasion, apporté chacun quelques bières locales ou pour le moins dignes d’intérêt.

     

    Emparis

     

    Nous entamons la montée par un sentier qui longe les remontées mécaniques du Chazelet. La pente est régulière mais pas excessive. La température est idéale. Nous pouvons déjà admirer sur l’autre versant de la vallée de la Romanche, la Meije et ses voisines.

     

    Emparis

     

    Après quelques dizaines de lacets le sentier surplombe déjà la vallée et nous contournons le vallon. A cet instant nous sommes accueillis par un champ de pulsatilles qui commencent à fleurir. La pause photographique s’impose. A cet exercice, mon ami Thomas exprime avec passion son savoir-faire.

     

    Emparis

     

    Nous reprenons la route en découvrant l’autre versant de la vallée.

    Le début du plateau d’Emparis a comme un air d’Islande en cette période post-hivernale. Les champs de neige fondent gentiment en lambeau laissant place aux pentes herbeuses encore jaunies.

     

    Emparis

     

    Emparis

     

     

    Les mètres de dénivelé s’enchainent et la neige se fait de plus en plus présente. Il nous faut chausser les raquettes pour continuer à progresser sans brasser excessivement à chaque foulée.

     

    Bientôt, le lac est en vue, du moins la partie dégelée. Le bout de l’ascension n’est pas loin et nos épaules ne le regrettent pas.

     

    Emparis

     

    L’endroit est magnifique et nous nous extasions devant ce paisible environnement où tout semble imperturbable face aux rudes assauts du climat.

     

    Emparis

     

    Nous montons nos tentes et cassons la croute. Mais bientôt, le mauvais temps s’invite à notre fête et une averse assez fournie accompagnée de quelques rafales de vent, éprouve le matériel. Finalement c’est le moment idéal pour faire une petite sieste.

    Le temps se dégage enfin, et l’ambiance est belle, nous commençons à nous balader et laissons nos regards se poser calmement sur les cimes.

     

    Lac Lérié

     

    Un reflet de lacs, un névé bien texturé, l’occasion de laisser le lieu guider notre inspiration.

    Nous avons eu même la chance d’apercevoir furtivement un Gypaète barbu, seigneur de ces falaises.

     

    Emparis

     

    L’heure de la soupe approchant nous préparons le festin.
    Le repas est rapidement dégusté et nous commençons à discuter de la ballade pour aller à la recherche de belles images.

    Nous suivons la crête de l’impressionnante falaise qui borde la vallée de la Romanche pour contourner le plateau en direction du lac Noir et du lac Cristallin. Plus l’heure avance plus les lumières deviennent folles et nous avec.

     A cet endroit un merveilleux dégagement s’offre à mes yeux et l’éclaircie du soir m’apporte un ciel comme je les adore.

     

    Le soleil nous fait une percée et la scène est splendide.

     

    Emparis

     

    En face, les montagnes de la Meije s’illuminent de la douce lumière du soir. L’instant est grandiose.

     

    Emparis

     

    Emparis

     

    Nous prolongeons le plaisir et profitons de l’heure bleue pour capturer d’autres ambiances.

     

    Emparis

     

    Jusqu’à la nuit tombante nous profitons de chaque instant. Puis, vient la lune généreuse qui éclaire les hauts névés.

     

    Emparis

     

    De retour au camp, l’ambiance est décontractée malgré la fatigue de la journée. Il est tard et comme nous espérons un beau levé de soleil, nous ne tardons pas à nous glisser dans nos sacs de couchage.

     

    Emparis

     

    Durant la nuit, la pluie revient et laisse une vision plutôt pessimiste du plan matinal.

    L’heure du réveil passe sans même nous sortir de notre léthargie, sauf peut-être Fabien et Maxime acharnés, ils essaient de capturer quelque chose, mais le temps est vraiment maussade.

    Finalement, pas de photo pour moi en ce début de journée et nous plions la tente avant que les averses ne reviennent.

    Mais je garde encore en mémoire, les lumières magiques, les ciels de folie, et les délicates touches colorées des courageuses fleurs de montagne.

     

    Primevère hirsute

     

    Nous levons le camp en milieu de matinée et entamons la descente.
    Quelques foulées plus tard nous revoilà dans la vallée, les voitures ne sont plus très loin.

    Ces deux jours ont été tellement merveilleux que j’ai l’impression qu’une semaine s’est écoulée.

    Nous finissons par rejoindre le col du Lautaret pour manger dans un sympathique petit restaurant qui sert des plats bien traditionnels.

     

    Une dernière rigolade, un dernier regard vers les sommets, et il est temps pour chacun de regagner son antre. Mais le rendez-vous est déjà pris pour l’année prochaine.

     


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  • Rencontre au Fer à Cheval
     

    Sixt – Fer à cheval – Haute-Savoie

    13 Mai 2018

     

    En ce jour maussade, j’avais rendez-vous au Fer à cheval avec un passionné de photo un peu touche à tout qui anime une chaine YouTube sur le sujet et donne plein de conseils. Nous devions être une bonne dizaine à braver le temps plus qu’incertain, pour se rencontrer et échanger sur notre passion commune.
     

    J’arrive au fond de la vallée du Giffre après avoir dépassé la commune de Sixt.

    Le Fer à cheval, un cirque de montagnes, majestueux et représentant un attrait touristique évident. Mais aujourd’hui, nous n’allions pas être dérangé par la déferlante de visiteurs qui peuplent le site en période estivale. Je me demandais même si les autres photographes n’allaient pas déclarer forfait.

    C’est sans compter sur la motivation qui anime chacun d’entre nous lorsqu’il s’agit de s’aventurer sur un spot photo quel que soient les conditions météo.

    Je retrouve donc mes compères au petit chalet d’accueil bordant le parking. Tous armé de ‘Rain cover’ sur leur sac et d’une bonne veste anti-pluie.

    Nous faisons connaissance et entamons la balade.

     

    Fer à Cheval

    L’entrée du Fer à Cheval est gardée par le pic du Tenneverge. Montagne imposante en forme de pyramide culminant à 2989m d’altitude. Sur son arrête sud-Ouest se dresse une excroissance admirable, la Corne du Chamois, à 2562m. Le fond du cirque porte bien son nom du « Bout du Monde ». 

    Nous avançons en empruntant le sentier principal qui traverse une forêt de feuillus et de conifères, passe devant une petite gouille et s’ouvre à la combe du Fer à Cheval entourée de falaises verticales et de nombreuses cascades.

    Fer à Cheval

    En cette période printanière bien arrosée cumulée à la fonte des neiges, les cascades ne manquent pas de débit et nous offrent pour l’occasion des opportunités photographiques que nous ne laissons pas passer.

     

    Fer à Cheval

     

     Julien que j’avais rencontré lors d’un périple en Gruyère faisait partie de l’équipe et avait apporté son drone pour des points de vue originaux et très impressionnants.

     Le temps reste relativement stable et nous apporte un plafond nuageux assez dense, ce qui m’encourage à opter pour des scènes en Noir et Blanc.

    Fer à Cheval

     

    Les ambiances bien dramatiques finissent par me donner de l’inspiration.

    Fer à Cheval

     

    La configuration des falaises étaient telle que de nombreuses avalanches se sont produites durant l’hiver en laissant des névés qui sont encore bien présents.

    Fer à Cheval

     

    Fer à Cheval

     

    Au fur et à mesure de notre progression, une fine bruine commence à nous accompagner. Encore une dernière photo près d’un cascade, pour laquelle cette dernière apporte une touche authentique très éclaboussée. Puis nous décidons de retourner sur nos pas.

     

    Fer à Cheval

     

    Finalement ce fut une belle sortie plein d’échanges et de rencontres qui s’est finie à Samoëns autour d’un verre.

     

    Lien vers la vidéo de notre organisateur : https://youtu.be/GGL3Xf6tBpk

     


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  • Les perles de la forêt

     

    Crozet (Ain) - Mieussy (Haute-Savoie) – Marlhes (Loire)

     

    Avril-Mai 2018

     

    Je me passionne depuis peu par la beauté des petites perles de la forêt.

    Des petites fleurs pétillantes de couleur que j’aime capturer au travers des images douces. J’aime rechercher la lumière qui sera marier l’arrière-plan composé d’ombres et de textures fondantes, au milieu duquel la fleur révèle toute sa beauté.

    Ma promenade débute à Crozet, dans un petit bois qui borde l’Allondon. Un petit sentier ombragé silionne la végétation assez dense. Mais ça et là, de belles petites fleurs printanières m’incitent à capturer l’instant.

    Ma première conquête est une discrète petite primevère élevée qui semble recevoir sur ses pétales, un rayon divin.

    Primevère élevée

     

    Quelques pas plus loin, c’est un Corydalle à bulbe plein qui m’interpelle avec une belle lumière à contre-jour. Des éclats verts reflétés par des feuilles très lumineuses, mettent bien en valeur la forme complexe de la fleur.

    Corydale à bulbe plein

     

    L’aventure se poursuit dans les lisières de mon enfance, vers Mieussy. Les pentes herbeuses sont parsemées de petites pointes jaunes, des primevères officinales en quantité généreuse.

    La première que je repère semble exécuter une figure artistique qu’il l’enroule autour d’un obstacle imaginaire.

    Primevère officinale

     

    Sa petite sœur se dévoile devant moi avec une lumière tardive qui place le soleil en arrière-plan.

    Primevère officinale

     

    Une fleur que j’aime beaucoup m’offre une belle occasion de l’immortaliser. L’anémone fausse renoncule et son jaune lumineux, apporte une belle harmonie de couleur.

    Anémone fausse renoncule

     

    Le lendemain, une fine pluie s’est installée en fin de nuit. Les éclaircies vont distiller une belle lumière qui va briller sur les gouttelettes d’eau.

    Cette parisette à quatre feuilles étincelante en est témoin. Écartant ses ailes pour poser devant mon objectif.

     Parisette à quatre feuilles

     

    En cette période printanière et pour varier un peu les sujets, je me suis concentré sur cette belle morille, avant de la ramasser ! Sa texture et le dessin en alvéole de son chapeau est particulièrement photogénique.

    Morille

     

    Dans la forêt dense pleine de verdure, j’admire la grâce du sceau de Salomon et de ces petites clochettes. Sa belle courbe et la finesse de ses fleurs. Impossible d’ignorer toute cette beauté.

    Sceau de Salomon

     

    Un incontournable du printemps, l’orchis mascula. Une belle orchidée très commune dans mes forêts mais tellement esthétique. La forme de sa fleur, sa couleur, le fait qu’elle se rencontre souvent isolée dans la végétation et donc facilite la prise de vue.

    Orchis mascula

     

    Après la Haute-Savoie, je m’aventure dans les forêts du Pilat. Les bois sont surtout peuplés de conifères ce qui n’est pas le meilleur environnement pour avoir une grande variété de fleurs.

    Malgré cela, je trouve tout de même de beaux sujets.

     

    Un Céraiste des champs, belle fleur blanche aux pétales fines, haute sur tige parfaitement placée, me propose plusieurs plans de vue très intéressant, comme une invitation à pénétrer dans son univers caché.

    Céraiste des champs

     

    Céraiste des champs

     

    Et pour conclure ce voyage bucolique et poétique, une petite douceur fine et fragile.

    Une belle véronique.

    Véronique

     

     

     


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