• Une nuit au Bargy

    Une nuit au Bargy

     

    Lac de Peyre  (Haute-Savoie)

     

    5 Août 2018


     

    Une fois n’est pas coutume, la chaîne du Bargy est de nouveau à l’honneur pour la destination du jour. Je propose à mon fils d’aller bivouaquer au lac de Peyre.

    Un joli petit plan d’eau derrière la chaîne du Bargy, niché à 2090m d’altitude, au pied de la pointe Blanche et la pointe de Balafrasse.


    Lac de Peyre

     

    Après un repérage sur les cartes IGN et les images glanées sur le web, j’avais remarqué quelques terrasses engazonnées tout à fait accueillantes.Donc la randonnée était décidée. On allait à la rencontre des belles montagnes de la région des Aravis, dans l’espoir d’y observer la faune alpine.  

    Nous partons du col de la Colombière, très prisés des touristes, cyclistes et motards. Y trouver une place de parking s’avère déjà fastidieux.Il fait chaud et le sac est lourd, mais l’excitation est là et ceci n’est que détail.Nous avançons sur un sentier large dont le dénivelé donne le tempo. Nous prenons vite de l’altitude et nous surplombons rapidement la route du col.
     

    Col de la Colombière

     

     Quelques moutons broutent paisiblement l’herbe des alpages. Puis nous croisons de nombreux randonneurs qui me laissent penser que notre bivouac ne sera pas empreint de solitude !

    Le sentier continue de sillonner les pentes ensoleillées du Bargy.Nous admirons bientôt la pointe Blanche, qui trône comme la gouvernante du massif.Culminant à 2438m, elle est le plus haut sommet de la chaine du Bargy et offre quelques voies d’escalade sympathiques.
     

    Bargy


     
    Nous approchons du lac, les pentes deviennent plus vallonnées. L’ambiance est magique, le lac se dévoile devant nous, lové au creux des falaises, faisant face à la chaine des Aravis.

     

    Aravis

     

    Comme je l’avais pressenti, plusieurs tentes sont déjà installées aux abords du lac. Il est évident que l’endroit s’y prête royalement.Nous partons à la recherche d’un coin pour poser notre tente, un peu à l’écart de la foule.Une petite terrasse surplombant le lac, bien placée, face aux montagnes, me parait parfait.
     

    Une nuit au Bargy

     

    Nous montons la tente et mangeons une petite barre de céréale. Puis aperçus lors de la monté, des bouquetins s’appropriaient les escarpements proches de nous. Armés de nos appareils, nous allons à la rencontre de ces mammifères emblématiques.

    Parfois perchés sur une corniche que l’on imagine inaccessible ou broutant paisiblement les brins d’herbe tendres, ces animaux aux longues cornes cannelées me fascinent. Inquiétés il y a quelques années par la maladie de la Brucellose, pour laquelle un abattage avait été ordonné. Ils peuvent heureusement brouter en paix désormais. Je m’interrogerai toujours sur la pertinence de cette décision et si, d’autres alternatives moins basées sur l’intérêt humain et plus celui de l’animal, n’aurait pas été souhaitables.
     

    Bouquetin

     

    J’adore les observer au loin sur leur promontoire rocheux. J’ai beaucoup de respect pour ces animaux, qui ont une faculté hallucinante pour gravir avec aisance des passages qu’il nous faudrait franchir, encordé. 

    J’aime regarder leur belle robe fauve en harmonie avec les couleurs de la pierre.
    Je suis impressionné de savourer les querelles de mâles. On peut apercevoir tout au long de l’année, les jeunes boucs se défier par des joutes qui se veulent ludiques. Mais les vrais combats de mâles en période de rut en fin d’automne, sont vraiment impressionnants. Voir ces masses proches du quintal s’intercepter frontalement défie les lois de la physique.


    Bouquetin

     

    Bouquetin


    Bouquetin

     

    Tout en admirant les bouquetins, nous grimpons par un petit sentier peu tracé vers, l’arrête voisine de la pointe de Balafrasse.
    Le sommet est très escarpé, il faut être vigilant sur cette arrête qui n’autorise guère le faux pas.

    Le ciel est chargé de quelques cumulus inoffensifs qui viennent agréablement dessiner de belles textures sur l’horizon.

    Les douces et chaudes lumières apportent de belles couleurs aux falaises. 
    Quelques instants où le temps s’arrête et notre esprit peut profiter du calme qui règne.

    Bargy


    Pointe Blanche

     

    Nous redescendons à notre campement non sans recroiser quelques bouquetins qui se promènent, profitant des températures plus clémentes.
    L’heure du repas arrive à grand pas, et nous plongeons dans nos bols de Noodles.
    Puis rapidement, on s’échappe dans nos sacs de couchage, le réveil sera précoce.
     

    Aravis

     

    Il est 5h30. J’aime ces heures indues où tout le monde est en pleine léthargie tout comme le soleil.
    Il fait nuit et je regagne le spot que j’avais repéré la veille.

    Au bord du lac, un parterre de timides linaigrettes m’apporte mon premier plan. Les collines de l’autre côté du plan d’eau s’y reflètent fébrilement. Au-delà, ce sont les chaînes des Aravis puis du Mont-Blanc qui s’entremêlent, sous un ciel qui caresse l’aube et ses couleurs pastelles.

    Moment calme mais intense, que j’apprécie par-dessus-tout.

    Sunrise
     

    sunrise

     

    Mon fils ne tarde pas à me rejoindre et nous admirons ensemble, le jour qui se lève.
    La nuit est chassée et bientôt, les premiers rayons du soleil viennent illuminer les sommets avant d’arriver jusqu’à nous.
    Le voile atmosphérique estompe les reliefs qui se fondent dans une enfilade de silhouettes, tout n’est qu’ombre et lumière.
    Le temps semble ralentir pour nous laisser profiter du moment. 

    Aravis

     

    Puis nous regardons la vie renaitre. Les oiseaux vont et viennent selon un rituel quotidien, quelques petits insectes s’approprient la faible chaleur de l’astre, et nous observons des tritons dans le lac, déjà à pied d’œuvre pour satisfaire leur appétit.

    triton

     

    La rosée a recouvert la végétation qui brille sous une multitude de gouttelettes étincelantes. Les fleurs de montagne reprennent leurs couleurs.
    C’est le moment d’aller faire chauffer l’eau du thé.La tente presque sèche est repliée et nous levons le camp.
    L’activité se remet tranquillement en place.

    Plus tard dans la matinée nous décidons de monter au col de Balafrasse, au pied de la Pointe Blanche. Et quelle ne fut pas notre surprise d’être survolé par un groupe de vautours fauves. Ce rapace majestueux a depuis peu, reconquis les montagnes des Aples du Nord. Nous l’avons déjà observé à plusieurs reprises.

    Ce sont de remarquables planeurs, ils peuvent parcourir des distances impressionnantes sans un battement d’aile pour peu que les courants leur soient favorables.

    Tantôt décrivant des cercles dans le ciel, à la recherche d’une carcasse, tantôt surgissant d’un surplomb rocheux. Du vrai caviar pour nos appareils photos.

    Vautour


    Vautour


    Vautour

     

    Arrivée au col, la vue est somptueuse, d’un côté très minéral, la vallée du Bronze qui rejoint le village de Morsullaz, de l’autre l’ouverture sur les chaînes du Bargy et des Aravis avec le lac de Peyre en premier plan.
     

    Lac de Peyre

     

    Le soleil tape fort en cette fin de matinée et de nombreux randonneurs sillonnent déjà les sentiers.
    Il est temps de leur laisser les lieux et nous amorçons la descente avec des images plein la tête.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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