• En forêt…


    Marlhes – Loire (42)


    26 Août 2018

     

    Je ne rate jamais une occasion de me balader en forêt. Aujourd’hui, c’est avec l’excuse d’essayer un objectif que l’on m’a prêté que je m’évade pour magnifier mes sujets.

    Ma destination, les forêts aux alentours de Marlhette, petit village typique de la Loire/Haute-Loire en bordure des monts du Pilat, perché sur les hauts vallons.

     

    La région est partagée entre prairies et forêts de conifères, peu de feuillus. La terre est acide et granitique, très caractérisée par une couleur jaune.

    Je disparais dans ces bois qui sentent bon la nature et la tranquillité. Les odeurs des sous-bois et les discrets rayons du soleil me transcendent.

    S’il on sait regarder, n’importe quelle plante, n’importe quelle pièce de la forêt qui s’approprie une poche de lumière peut devenir un sujet intéressant pour mes images.

    En premier lieu, je jette mon dévolu sur un petit plan de mûre sauvage qui brille et se détache sur un fond coloré. J’aimais bien ce contraste entre les fruits sombres ornés de petits reflets blancs. Le fond composé d’herbe et d’arbuste éclairés sublime le tout dans un joli bokeh.

    Mûres

     

     

    Puis je déambule entre les sapins, les aiguilles absorbent mes pas silencieusement. Plus loin, des souches recouvertes de mousse d’un vert profond et des feuilles de quelques rares fayards tapissent le sol. L’ambiance est agréable et la température est contenue.

    En lisière du bois, je m’attarde sur les branches de genêt vert foncé qui tranchent avec la couleur d’or des graminées. Je trouve le mariage des deux, remarquable.

     

    Genêts

     

     

    Genets

     

    Puis, sortant de la forêt, les abords du sentier à l’herbe jaunie par la sécheresse, laisse apparaître les clochettes bleues de quelques campanules.

    Campanules

     

    Même la végétation grillée par les affronts de cet été particulièrement sec, peut nous offrir des images particulières. Mais à l’ambiance bien éloignée des sous-bois.

     

    herbes

     


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  •  Dans le petit univers des papillons

     

    Mieussy – Haute Savoie

      

    7 Juillet 2018
      

     

    Souvent l’appel des montagnes, les grandes randonnées, les plaines lointaines, sont les seules sources d’excitation nous obligeant à partir toujours plus loin, toujours plus haut.

    Mais l’émerveillement est souvent sous nos yeux, devant nos portes, à portée de main.

    En cette fin d’après-midi, la chaleur écrasante de cette belle journée d’été laisse peu à peu place à une douce ambiance dorée. A cette instant, la faune sort de sa léthargie méridienne. Moment idéal pour savourer les allées et venues des Demi-deuils, des Tristans et autres Zygènes.

    Je pars, sac au dos, trépied accroché, accompagné de mon fils. Mais le voyage est court, juste quelques dizaines de mètres pour accéder au champ voisin qui fourmille de vie.

    Les belles couleurs éclatantes des Zygènes nous interpellent. Ce papillon classé dans les espèces nocturnes, a une activité essentiellement diurne. Il est peu farouche et représente un choix facile pour s’entraîner aux belles prises de vue rapprochées.


    Zygène

     

    Zygène

      

     

    Le Demi-deuil marbré de blanc et de noir, est plus craintif. Il faut être patient et discret, le laisser s’approcher et s’habituer à notre présence. Mais il sait nous récompenser.


    Demi-deuil

     

      

    Les couleurs du Tristan (Aphantopus hyperantus) se marient au fond herbeux et je joue avec les textures pour l’intégrer dans cette harmonie. Il est reconnaissable par sa robe et ses points caractéristiques.
     

     Tristan

     

      

    Cet environnement révèle un esthétisme qui me pousse à capturer les graminées aux alentours qui s’enflamment au soleil couchant.

    graminés

     

     
     

    Puis curieux ou anxieux, le Moine (Cantharis rustica) se pose plein de questions et me défie du regard.
     

    Moine

     

     
    La proxiphotographie permet de m’évader spirituellement, mais en restant près de chez moi. De plus le temps consacré est réduit au regard du plaisir consommé. Une optimisation parfaite.

     

     


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  • Une nuit au Bargy

     

    Lac de Peyre  (Haute-Savoie)

     

    5 Août 2018


     

    Une fois n’est pas coutume, la chaîne du Bargy est de nouveau à l’honneur pour la destination du jour. Je propose à mon fils d’aller bivouaquer au lac de Peyre.

    Un joli petit plan d’eau derrière la chaîne du Bargy, niché à 2090m d’altitude, au pied de la pointe Blanche et la pointe de Balafrasse.


    Lac de Peyre

     

    Après un repérage sur les cartes IGN et les images glanées sur le web, j’avais remarqué quelques terrasses engazonnées tout à fait accueillantes.Donc la randonnée était décidée. On allait à la rencontre des belles montagnes de la région des Aravis, dans l’espoir d’y observer la faune alpine.  

    Nous partons du col de la Colombière, très prisés des touristes, cyclistes et motards. Y trouver une place de parking s’avère déjà fastidieux.Il fait chaud et le sac est lourd, mais l’excitation est là et ceci n’est que détail.Nous avançons sur un sentier large dont le dénivelé donne le tempo. Nous prenons vite de l’altitude et nous surplombons rapidement la route du col.
     

    Col de la Colombière

     

     Quelques moutons broutent paisiblement l’herbe des alpages. Puis nous croisons de nombreux randonneurs qui me laissent penser que notre bivouac ne sera pas empreint de solitude !

    Le sentier continue de sillonner les pentes ensoleillées du Bargy.Nous admirons bientôt la pointe Blanche, qui trône comme la gouvernante du massif.Culminant à 2438m, elle est le plus haut sommet de la chaine du Bargy et offre quelques voies d’escalade sympathiques.
     

    Bargy


     
    Nous approchons du lac, les pentes deviennent plus vallonnées. L’ambiance est magique, le lac se dévoile devant nous, lové au creux des falaises, faisant face à la chaine des Aravis.

     

    Aravis

     

    Comme je l’avais pressenti, plusieurs tentes sont déjà installées aux abords du lac. Il est évident que l’endroit s’y prête royalement.Nous partons à la recherche d’un coin pour poser notre tente, un peu à l’écart de la foule.Une petite terrasse surplombant le lac, bien placée, face aux montagnes, me parait parfait.
     

    Une nuit au Bargy

     

    Nous montons la tente et mangeons une petite barre de céréale. Puis aperçus lors de la monté, des bouquetins s’appropriaient les escarpements proches de nous. Armés de nos appareils, nous allons à la rencontre de ces mammifères emblématiques.

    Parfois perchés sur une corniche que l’on imagine inaccessible ou broutant paisiblement les brins d’herbe tendres, ces animaux aux longues cornes cannelées me fascinent. Inquiétés il y a quelques années par la maladie de la Brucellose, pour laquelle un abattage avait été ordonné. Ils peuvent heureusement brouter en paix désormais. Je m’interrogerai toujours sur la pertinence de cette décision et si, d’autres alternatives moins basées sur l’intérêt humain et plus celui de l’animal, n’aurait pas été souhaitables.
     

    Bouquetin

     

    J’adore les observer au loin sur leur promontoire rocheux. J’ai beaucoup de respect pour ces animaux, qui ont une faculté hallucinante pour gravir avec aisance des passages qu’il nous faudrait franchir, encordé. 

    J’aime regarder leur belle robe fauve en harmonie avec les couleurs de la pierre.
    Je suis impressionné de savourer les querelles de mâles. On peut apercevoir tout au long de l’année, les jeunes boucs se défier par des joutes qui se veulent ludiques. Mais les vrais combats de mâles en période de rut en fin d’automne, sont vraiment impressionnants. Voir ces masses proches du quintal s’intercepter frontalement défie les lois de la physique.


    Bouquetin

     

    Bouquetin


    Bouquetin

     

    Tout en admirant les bouquetins, nous grimpons par un petit sentier peu tracé vers, l’arrête voisine de la pointe de Balafrasse.
    Le sommet est très escarpé, il faut être vigilant sur cette arrête qui n’autorise guère le faux pas.

    Le ciel est chargé de quelques cumulus inoffensifs qui viennent agréablement dessiner de belles textures sur l’horizon.

    Les douces et chaudes lumières apportent de belles couleurs aux falaises. 
    Quelques instants où le temps s’arrête et notre esprit peut profiter du calme qui règne.

    Bargy


    Pointe Blanche

     

    Nous redescendons à notre campement non sans recroiser quelques bouquetins qui se promènent, profitant des températures plus clémentes.
    L’heure du repas arrive à grand pas, et nous plongeons dans nos bols de Noodles.
    Puis rapidement, on s’échappe dans nos sacs de couchage, le réveil sera précoce.
     

    Aravis

     

    Il est 5h30. J’aime ces heures indues où tout le monde est en pleine léthargie tout comme le soleil.
    Il fait nuit et je regagne le spot que j’avais repéré la veille.

    Au bord du lac, un parterre de timides linaigrettes m’apporte mon premier plan. Les collines de l’autre côté du plan d’eau s’y reflètent fébrilement. Au-delà, ce sont les chaînes des Aravis puis du Mont-Blanc qui s’entremêlent, sous un ciel qui caresse l’aube et ses couleurs pastelles.

    Moment calme mais intense, que j’apprécie par-dessus-tout.

    Sunrise
     

    sunrise

     

    Mon fils ne tarde pas à me rejoindre et nous admirons ensemble, le jour qui se lève.
    La nuit est chassée et bientôt, les premiers rayons du soleil viennent illuminer les sommets avant d’arriver jusqu’à nous.
    Le voile atmosphérique estompe les reliefs qui se fondent dans une enfilade de silhouettes, tout n’est qu’ombre et lumière.
    Le temps semble ralentir pour nous laisser profiter du moment. 

    Aravis

     

    Puis nous regardons la vie renaitre. Les oiseaux vont et viennent selon un rituel quotidien, quelques petits insectes s’approprient la faible chaleur de l’astre, et nous observons des tritons dans le lac, déjà à pied d’œuvre pour satisfaire leur appétit.

    triton

     

    La rosée a recouvert la végétation qui brille sous une multitude de gouttelettes étincelantes. Les fleurs de montagne reprennent leurs couleurs.
    C’est le moment d’aller faire chauffer l’eau du thé.La tente presque sèche est repliée et nous levons le camp.
    L’activité se remet tranquillement en place.

    Plus tard dans la matinée nous décidons de monter au col de Balafrasse, au pied de la Pointe Blanche. Et quelle ne fut pas notre surprise d’être survolé par un groupe de vautours fauves. Ce rapace majestueux a depuis peu, reconquis les montagnes des Aples du Nord. Nous l’avons déjà observé à plusieurs reprises.

    Ce sont de remarquables planeurs, ils peuvent parcourir des distances impressionnantes sans un battement d’aile pour peu que les courants leur soient favorables.

    Tantôt décrivant des cercles dans le ciel, à la recherche d’une carcasse, tantôt surgissant d’un surplomb rocheux. Du vrai caviar pour nos appareils photos.

    Vautour


    Vautour


    Vautour

     

    Arrivée au col, la vue est somptueuse, d’un côté très minéral, la vallée du Bronze qui rejoint le village de Morsullaz, de l’autre l’ouverture sur les chaînes du Bargy et des Aravis avec le lac de Peyre en premier plan.
     

    Lac de Peyre

     

    Le soleil tape fort en cette fin de matinée et de nombreux randonneurs sillonnent déjà les sentiers.
    Il est temps de leur laisser les lieux et nous amorçons la descente avec des images plein la tête.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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  • Une échappée dans les Aravis.

     

    Lac de Lessy – Haute-Savoie

     

    31 Juillet 2018

     

    La Haute-Savoie nous offre de nombreux massifs aux charmes tous plus irrésistibles les uns que les autres. Parmi eux, la chaîne des Aravis, un massif bien joli, entre Cluses, Thones, et le Beaufortin.
    Dominé par la Pointe Percée à 2750m. C’est aussi une région qui accueille quelques charmants petits lacs. Et c’est un de ceux-ci qui sera ma destination du jour.

    Le lac de Lessy, non loin du pic du Jallouvre, est surveillé par le Buclon (2072m) et l’aiguille Verte (2045m, pas celle de Chamonix !).
    Direction le Chinaillon, au-dessus du Grand-Bornand. La température est chaude même en montagne, pour ce dernier jour de Juillet.
    Je sors le matériel de ma voiture, tente, sac de couchage, l’eau, le casse-croute, et bien entendu, mon matos photo.

    Je quitte le parking et m’engage sur une route forestière qui s’élève au-dessus des habitations situées en balcon du Chinaillon.
    Très vite, j’atteins les premières prairies alpines, accueilli par le son des sonnailles. Je ne suis pas familier avec ce versant des Aravis, mais le sentier est bien fléché et mon itinéraire est évident.

    Je croise quelques randonneurs qui terminent leur journée alors que moi j’entame la mienne dans cette fin d’après-midi.

    Aravis

     

    Les paysages sont de toute beauté. Le sentier en balcon m’offre un panorama sur la chaîne des Aravis. Je me sens chez moi, tous ces sommets séduisent mon regard. La Pointe percée, Pointe de Bella Cha, Mont Charvet, Combe des Verts, Pointe de Chombas, plus près de moi la Pointe de l’Almet.

    Une échappée dans les Aravis

     

    Je poursuis mon ascension, au milieu de l’alpage, les senteurs des prairies m’envahissent. Par moment quelques cris de marmottes me surprennent.

    J’arrive au croisement des chemins de l’Aiguille verte et du Roc des Tours. Ce dernier s’enfile dans un dédale de rochers austères qui tranche avec les pentes engazonnées et abruptes de l’Aiguille Verte.

     

    Je continue la montée vers l’aiguille. La pente devient plus soutenue et le sommet approche.

    Le plan de ce soir est de trouver à proximité de ce sommet, un terrain à peu près plat pour y installer mon bivouac, mais elle porte bien son nom et je deviens inquiet en voyant les pentes raides on ne peut moins appropriées pour une tente aussi discrète soit-elle.

    Aravis

     

    Néanmoins, je finis par trouver à une bonne centaine de mètres du sommet, un replat de quelques mètres carrés garnis d’une végétation assez haute, composée entre autres d’orties.

    Un endroit parfait pour monter ma tente.

    La soirée se passe bien hormis de nombreuses formations de cumulus assez denses vers les Alpes italiennes.

    Je pars vers le sommet de l’Aiguille Verte avec mon appareil. Elle porte décidément bien son nom. Les derniers mètres sont vraiment escarpés. La plateforme sommitale fait quelques mètres carrés tout au plus. Mais le paysage à 360° qui se dévoile devant moi est somptueux.

    Aravis

     

    Je reste quelques longues minutes en haut, pour savourer cette ambiance. C’est devenu un rituel pour moi. Regarder, admirer, se vider l’esprit, laisser s’envoler ses soucis, m’imprégner de la puissance de la montagne, comme rempli d’un sentiment de domination, apaisé, serein. J’ai parfois l’impression de voler comme ces chocards à bec jaune qui lancent leurs cris stridents.

    Les lumières s’évanouissent au terme de la journée et les belles teintes colorient les dalles de calcaire. Le ciel se pare de voiles rosés, et le lac de Lessy tout en bas, plonge bientôt dans l’obscurité.

    Lac de Lessy

     

    Je regagne mon hébergement du soir et entame le repas.

    Mais de plus en plus de bourgeonnements de cumulo-nimbus apparaissent sur les hautes montagnes de Chamonix et de l’Italie. L’activité orageuse s’intensifie et se rapproche.

    Je me rappelle cette plaque aperçue en haut de l’aiguille qui rendait hommage à 2 randonneurs foudroyés à cet endroit il y a quelques années.

    Par chance j’ai du réseau, ce qui me permet de consulter mes sites météo. Un passage pluvio-orageux devrait venir frôler mon coin ce qui ne m’enchante que modérément.

    La décision est dure à prendre mais la sagesse l’emporte, je replie ma tente, range mes affaires puis lève le camp alors que le crépuscule digère les dernières lueurs.

    La descente se fait évidemment à la frontale, mais ne connaissant pas encore parfaitement le lieu, je ne manque pas de m’égarer sur un sentier erroné. Mais une fois de plus, les nouvelles technologies m’apportent une aide considérable, cartes et Gps à l’appui, je finis par retrouver le parking à une heure bien tardive. Une leçon à tirer de cela : toujours penser qu’un chemin que l’on connait peu, est toujours plus délicat à suivre une fois la nuit tombée !

    Savoir renoncer est aussi une option qui doit faire partie de la sortie lorsque les éléments nous envoient des signaux. Ce soir-là, point d’orage il n’y aura, mais je suis tout de même très heureux de cette balade, et encore plus d’avoir fait un choix prudent et raisonnable.

    Ce n’est que partie remise et j’ai déjà repéré un autre endroit autour du lac de Lessy où le bivouac y sera plus confortable.


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  • La Marie du Jura

    Haute-Chaîne du Jura (01)

    29.07.2018

    Il est de ces lieux où je me sens attiré par une force permanente qui me pousse à les visiter régulièrement. La haute chaîne du Jura en fait partie et plus particulièrement la Marie du Jura. Un sommet typique qui se trouve au bout de la chaîne, voisine du célèbre Reculet, à l’aplomb du village de Thoiry. 

    Le Jura

     

    Cet endroit respire la tranquillité. Moins populaire, moins connu que ses voisins, et pour mon plus grand plaisir, très peu fréquenté.
    Pour y aller, je me rends au parking du Tiocan, au-dessus de Thoiry. Point de départ de nombreuses randonnées dans ce secteur, dont le Reculet.

    Le sentier forestier au départ, prend rapidement de la hauteur. Cette mise en jambe est assez directe, mais l’environnement a le mérite de rester frais en période estivale.

    sentier Jura

     

    J’arrive à un lieu-dit nommé La Croisée, bifurcation pour se rendre au chalet de « Thoiry devant » puis celui de Curson. De l’autre côté, le sentier nous emmène au chalet de Narderan. C’est ce dernier que je choisis de suivre. Il s’extirpe peu à peu de la végétation dense pour nous offrir une belle vue sur le Léman et la chaîne des Alpes.

    Léman

     

    J’aime cette montée en balcon. Elle contourne les falaises imposantes qui surveillent tels des cerbères, le creux de Narderan. Fidèle au rendez-vous, je peux admirer toujours à la même place, une belle orchidée que je n’ai pas eu le plaisir d’observer ailleurs dans la région. Une épipactis brun rouge. Ses petites clochettes bordeaux foncé en grappe ornent une grande partie de la tige. J’aime contempler ce petit bijou d’esthétisme.

    Orchidee

     

    J’arrive ensuite au chalet de Narderan, petit chalet d’alpage érigé à l’entrée du creux du même nom.

    De chaque côté, on y voit des pentes raides et herbeuses et des falaises creusées, très impressionnantes. Le sentier s’élève progressivement.

    Falaises de Narderan

     

    Après avoir passé quelques lacets escarpés, le Reculet se dresse devant moi. Mais ce n’est pas la destination du jour et je prends une tangente à travers champs pour rejoindre le GR 9, le chemin du balcon du Léman. Ce sentier sillonne les crêtes du Jura sur des kilomètres offrant un point de vue permanent sur le Léman et les Alpes. Je me suis juré un jour de le parcourir en entier avec ma tente de bivouac.

     

    Le Reculet

     

    La Marie du Jura possède une petite grotte chargée d’histoire, mais je décide de m’arrêter un peu avant pour profiter d’un point de vue plus intéressant.

    Un peu en retrait, et donnant sur le versant de la Valserine, se trouve une curiosité géologique qui m’impressionne à chaque fois, La Roche Franche. Tel un morceau de montagne arraché avec violence, les pentes herbeuses se dérobent tout à coup sous l’effondrement rocheux sculpté par l’érosion.

     

    La Roche Franche

    Je casse la croûte un peu plus bas, et admire cette chaine qui m’apaise et me permet de m’évader.
    Ce soir-là, le ciel est paisible. Quelques nuages çà et là viennent orner les courbes des collines.
    La douce chaleur de la lumière vient colorer le calcaire.

    Les rayons rasant du soleil couchant étirent les ombres des épicéas, soulignés par le voile atmosphérique qui plongera bientôt les fonds de vallée dans la torpeur nocturne. 

    Que de moments à rêvasser là-haut, penser à tout et à rien. Regarder la nature et respecter ces montagnes qui ont traversé les ères.

     

    La Marie du Jura

     

    La Marie du Jura

     

    Bientôt le soleil rougeoyant se dissimule doucement derrière les strates de nuages bas, enflammant le ciel.

    Sunset

     

    Je profite encore des teintes froides et de ce moment où le ciel se pare de couleurs pastelles extraordinaires.

    Jaune, orange, rose, mauve, bleu, une harmonie de teintes venant du ciel et qui se dépose tel un voile sur le relief qui s’endort.

     

    Jura

     

    Je sorts la frontale, range mon matériel, la nuit approche.
    Je prends le chemin du retour. Quelques chamois profitant de la fraîcheur du soir partent à grandes enjambées non loin de moi.
    Je repense encore à ces moments et me sens un peu privilégié de pouvoir en profiter.

     

     


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